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LA CLOCHE DE BATOCHE DE RETOUR

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LA CLOCHE DE BATOCHE DE RETOUR

Message par Edith le Sam 20 Juil - 21:57

La «cloche de Batoche» de retour à la maison

Publié le: samedi 20 juillet 2013, 21H05 |

Mise à jour: samedi 20 juillet 2013, 21H20




Près de 130 ans après avoir été dérobée par des soldats canadiens, la cloche de l’église

de Batoche, ancien village métis de la Saskatchewan,

était de retour chez elle, le samedi 20 juillet 2013.




Près de 130 ans après avoir été dérobée par des soldats canadiens, la cloche de
l’église de Batoche, ancien village métis de la Saskatchewan, était de retour chez elle, samedi.

Récupérée l’hiver dernier par le président sortant de l’Union nationale métisse Saint-Joseph
du Manitoba, Guy Savoie, la cloche a été dévoilée durant une cérémonie qui a réuni plus
5000 personnes, à Batoche. Des Métis de partout au Canada, et même des États-Unis,
se sont déplacés pour assister à l’événement.
L’objet est d’une haute valeur symbolique pour les Métis du continent.

«Vous devriez voir les gens ici, a affirmé M. Savoie, avant la cérémonie.
Ils ont hâte de la voir. Il y a toute sorte de questions. Je ne peux pas marcher
sur les lieux sans que les gens m’arrêtent pour me dire : beau travail, on est très
satisfaits de voir que la cloche va finalement sortir, elle va être à nous encore une fois.»

L’objet avait été volé en 1885, durant la bataille opposant les combattants métis
de Louis Riel et l’armée canadienne. Considérée comme un trophée de guerre,
la cloche a ensuite été emmenée à Millbrook, en Ontario, par des soldats canadiens
originaires de cet endroit. Elle a notamment été utilisée dans une caserne de pompiers,
avant d’être exposée dans une salle de la Légion canadienne.
Quelqu’un l’a dérobée de nouveau en 1991.

Elle refait surface aujourd’hui.

C’est M. Savoie lui-même qui a retrouvé la personne qui l’avait reprise.
Les négociations ont duré environ un an. Un lien de confiance s’est installé.

«Ça faisait 22 ans qu’il l’avait, a raconté M. Savoie. Les associations qui
l’ont contacté ont toujours offert de l’argent. Ce n’est pas de l’argent qu’il cherchait.
Lui, il voulait ramener la cloche pour les Métis.»

«À son idée, c’est eux (les soldats canadiens) qui sont les voleurs. Lui,
il rapatriait la cloche. Il voit ça comme un acte honorable», a-t-il précisé.

La cloche restera encore quelques jours à Batoche, afin que les visiteurs puissent
aller la voir de près. M. Savoie la transportera ensuite lui-même au Musée de
Saint-Boniface, au Manitoba, près duquel se trouve la tombe de Louis Riel.

«On a choisi le Musée de Saint-Boniface comme dépôt parce qu’elle sera en
sécurité, a-t-il ajouté. Au musée, ils ont la sécurité, des assurances, ils ont
tout le nécessaire. Ils peuvent immédiatement la mettre en évidence.
Ici, à Batoche, il n’y a rien. C’est comme un parc.
La vieille église de Batoche est là, sous la tutelle de parcs Canada.»

«On vient de la dévoiler, on ne veut pas l’enfouir dans un hangar de parcs Canada.»

Réparée

Lorsque M. Savoie a mis la main sur la cloche, l’hiver dernier,
il a constaté que celle-ci présentait une fissure.

«En 1931, d’après ce qu’on sait, la cloche se trouvait dans la caserne
des pompiers, a-t-il relaté. Ils se servaient de la cloche pour appeler au feu.
La caserne elle-même a brulé et la cloche est tombée. Quand on a récupéré
la cloche, elle était noircie par la suie et il y avait une craque dedans.»

Un soudeur s’est chargé de réparer la fissure il y a environ six semaines.
L’opération a duré une journée.

«Je lui ai amené la cloche vers 8h le matin et vers 17h, on était prêts à la sonner,
a raconté M. Savoie. Quand on l’a fait sonner, c’était très émotionnel.
Elle n’avait pas sonné depuis les années 1930.
Je vous assure que nos yeux étaient mouillés.»

Guérison

La «cloche de Batoche» est un symbole fort pour les Métis du Canada, selon Guy Savoie.

«C’était un outrage lorsque les soldats l’ont prise, a-t-il soutenu.
C’était une plaie qui n’a jamais guéri chez les Métis.»

Le rapatriement du précieux artefact est comme une guérison, estime M. Savoie,
qui soutient que la résistance métisse de 1885, qui a mené à la mort par pendaison
de Louis Riel, n’a jamais été comprise.

«Ce n’était pas une rébellion. Les Métis ne voulaient pas se séparer du pays,
ils ne voulaient pas faire tomber le gouvernement. Ce que les Métis voulaient,
c’est être reconnus. Que les terres leur appartenaient. Le gouvernement canadien
de l’époque n’a certainement pas compris ce que les Métis voulaient.
On les a piétinés, on est passé par-dessus eux.
Aujourd’hui, la cloche représente une guérison.»

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