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HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

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HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Sam 19 Oct - 9:13











,,,,,,,,,colombe avec main



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Message par Edith le Lun 28 Oct - 23:05






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Message par Edith le Mar 29 Oct - 0:00





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Message par Edith le Mar 29 Oct - 0:02





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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Mar 29 Oct - 0:05





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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Mar 29 Oct - 0:07




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Message par Edith le Dim 24 Nov - 15:35










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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Dim 24 Nov - 15:48



Lac-Mégantic :

Ils étaient 47

Un cahier commémoratif et une page interactive

en mémoire des victimes de Lac-Mégantic

DIRECTEUR DE L'INFORMATION,

PUBLIÉ LE: JEUDI 05 SEPTEMBRE 2013, 13H59











Le cahier commémoratif publié dans les pages du Journal de Montréal, ce samedi, et la version interactive qui se trouve sur notre site web, se veut notre façon d’évoquer l’immense tragédie qui a frappé Lac-Mégantic le 6 juillet et de témoigner de ce que le Québec entier a perdu ce jour-là.

Depuis cette nuit fatidique, le Journal a publié de nombreux articles, photos et vidéos décrivant et analysant en détail tous les aspects du désastre, de l’absence de mesures de sécurité adéquates à l’appui inconditionnel des gens de partout, déterminés à aider Lac-Mégantic à se remettre sur pied.

Ce portrait des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic veut mettre en évidence l’aspect humain de ce drame.
Nos journalistes ont passé des semaines à interviewer les membres des familles des victimes et leurs amis.
Leur but: tracer un portrait tout personnel des disparus et dépeindre ce qu’ils représentaient pour les gens qui les entouraient.



Certains détails révélés dans ces témoignages sont bouleversants.
D’autres décrivent des moments de joie et témoignent de vies bien remplies, bien que tragiquement écourtées.
Et d’autres montrent le courage et la résilience de leurs proches.

Il est particulièrement délicat de rencontrer des familles et des amis affligés du décès soudain de proches.
Le journaliste doit être respectueux et à l’écoute des gens.

Certains se sont entretenus des heures avec nous, se remémorant des souvenirs heureux et partageant des anecdotes amusantes.
Pour eux, il était important que nous sachions tout ce que les disparus représentaient pour eux et que nous comprenions l’intensité de leur malheur.

D’autres ont préféré vivre leur deuil en privé. Soit ils ne tenaient pas à nous parler, soit ils n’avaient que quelques instants à nous accorder.
Nous avons respecté leur désir d’intimité.



C’est ce qui explique que certains des portraits publiés sont plus courts que d’autres.
Ce n’est surtout pas parce que nous croyions que ces gens étaient moins importants ou que leur témoignage était moins pertinent.

Le Journal voudrait remercier les gens de Lac-Mégantic d’avoir ouvert leurs portes et leurs coeurs à nos journalistes et nos lecteurs.

N'hésitez pas à laissez sur cette page web, ci-bas, vos commentaires à l'équipe du Journal ou vos messages à l'endroit
des proches de ces 47 personnes.


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Message par Edith le Dim 24 Nov - 15:51





La grand-mère en or

SYLVIE CHARRON, 50 ANS




Sylvie Charron était une vraie perle: une maman gâteau,
raconte sa fille Cynthia Boulé.
Celle qui se trouvait au Musi-Café lors du tragique événement était présente,
généreuse, attentionnée.
Elle était la figure maternelle par excellence s’entendent pour dire son conjoint et ses deux enfants de 17 et 22 ans.

Cuisinière toute sa vie, Mme Charron travaillait aux fourneaux de la résidence pour personnes âgées Village Harmonie depuis trois ans.

« Ma mère c’était vraiment une femme qui donnait tout à fond.Elle travaillait avec les personnes
âgées et tout le monde l’appréciait là-bas, poursuit Cynthia.

Elle aimait vraiment rendre service. Tout le sourire qu’elle donnait au monde! La façon qu’elle réconfortait!
Elle redonnait un boost d’énergie à tout le monde. »



« Elle était généreuse. Elle aurait tout donné », acquiesce Jean-Guy Boulé, qui a partagé les 23 dernières années avec celle
qu’il avait rencontrée dans un bar.

Sylvie était le pilier de leur petite famille. Elle était toujours forte, malgré les épreuves.
C’est d’ailleurs un trait qui incite ses proches à rester forts aujourd’hui.

Quel souvenir marquant sa fille Cynthia garde-t-elle d’elle?
« Quand j’ai eu mon petit bébé, le sourire qu’elle avait en le prenant pour la première fois dans ses bras...
Pour elle c’était magique. C’était extraordinaire. »






Sylvie Charron laisse dans le deuil Alexandre, Jean-Guy et Cynthia.



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Message par Edith le Mer 5 Fév - 23:47







L’altruiste

MARIANNE POULIN, 23 ANS

Sans hésitation, Marianne Poulin a toujours placé le bien-être des autres loin devant le sien.





« Elle avait tout le temps le sourire. (...) Elle était toujours là pour moi comme
si elle n’avait pas de problème. Elle m’écoutait raconter les miens comme si
elle n’en avait pas », raconte sa bonne amie Claudia Rhéaume.

Cette dernière était la meilleure amie de Marianne depuis 11 ans, soit pratiquement
la moitié de leur vie. Elle était à la fois son amie et l’amoureuse du frère de Marianne.
À ses côtés, Olivier est trop bouleversé pour parler de sa sœur, glisse Mme Rhéaume.

« C’est la seule fille qui m’a jamais lâchée, puis que j’ai jamais lâchée », confie-t-elle.

Marianne était timide et réservée.
« Mais une fois qu’on la connaissait, ce n’était pas pareil »,
dit-elle d’une voix étranglée par les larmes. Les deux filles s’étaient connues
à leur entrée à la polyvalente.

« Elle était tout le temps cachée dans son foulard qui montait jusqu’à son nez.
Elle le mangeait », se souvient affectueusement Claudia Rhéaume.

Sans travail depuis un moment, Marianne avait travaillé un temps aux cuisines
de la résidence pour personnes âgées Village Harmonie et à la brasserie Belzebuth.

« Elle aimait ça en maudit, travailler là », se souvient Claudia.



Amoureuse des animaux

Marianne prenait soin de ses animaux comme de la prunelle de ses yeux.
« Quand elle mangeait ici (chez Claudia Rhéaume), elle en laissait toujours
dans son assiette pour donner à son chien, même s’il y en avait encore dans
les marmites. Elle me faisait rire. »

Marianne a eu le cœur brisé lorsque son chien Mara a dû être euthanasié,
il y a environ un an. « Ça lui avait fait de quoi en crime, raconte Claudia Rhéaume.
Marianne l’avait vu grandir. »

Âgée de seulement 23 ans, Marianne était en couple avec Kevin Roy depuis plusieurs
années déjà. Ensemble, ils étaient parents de deux enfants, Patrick et Laurence,
qui n’étaient pas à l’appartement du centre-ville le soir du drame. Kevin a lui aussi
perdu la vie dans l’explosion du train.

Marianne portait une jolie camisole la dernière fois où Claudia Rhéaume l’a vue,
elle qui était « tout le temps en coton ouaté même quand il faisait 30 ºC. »

« Elle était tellement bien, cette journée-là! »






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Message par Edith le Mer 5 Fév - 23:49







Madame bonheur

HENRIETTE LATULIPPE, 61 ANS




Tout le monde connaissait Henriette Latulippe. Non seulement elle était
l’esthéticienne de la ville, mais elle était aussi la fille de l’ancien député
fédéral Henry Latulippe.

« Ses clientes étaient ses amies », ont raconté Marie-Josée et Mario Grimard,
la fille et l’ex-mari d’Henriette. Extrêmement soudée, la famille partageait tout.
Le travail, les bons moments de la vie, et les mauvais parfois, aussi.

« Ce n’était pas juste une mère, une grand-mère ou une belle-mère.
C’était plus que ça. C’était le noyau, elle tenait tout le monde »,
témoigne aujourd’hui Marie-Josée.
Henriette était très proche de sa petite-fille de 10 ans, Léa. La veille, les
trois générations de la famille Latulippe étaient réunies sous le toit de la
défunte, qui habitait juste au-dessus du magasin de chaussures au centre-ville.
Depuis la tragédie, il n’en reste que des ruines.



« Léa a achalé ma mère pour qu’elle lui fasse des petits ongles.
Elles ont passé les dernières minutes ensemble », s’est remémoré
Marie-Josée Grimard.

Quelques heures avant l’explosion, Henriette Latulippe les a serrées toutes les
deux dans ses bras. « Elle nous a dit: je vous aime, à demain », a confié sa fille.

« C’était un peu comme un au revoir sans le savoir », réalise-t-elle aujourd’hui.

Depuis le drame, les messages de sympathies déferlent.

« C’était une madame bonheur ici », a déclaré Danielle LaRiche, une de
ses anciennes voisines.



Son ex-mari et père de leurs trois enfants, Mario Grimard, l’a connue sur les bancs
d’école. Bien que séparés depuis 19 ans, ils étaient restés très proches.
« On nous appelait le drôle de couple », plaisante-t-il. Cet ancien maire de Nantes
la décrit comme une femme passionnée par son travail et pleine de bonté.

« Oh oui, c’était une pluie de bonté, de tendresse et de douceur, a renchéri sa fille,
les yeux pétillants. Elle était forte. Et elle m’a transmis cette force », a-t-elle ajouté.

Si l’identification du corps d’Henriette Latulippe a été un véritable soulagement pour
la famille, le deuil n’en sera pas plus facile pour autant.

« Je voulais tellement, mais tellement qu’on la retrouve. Aujourd’hui, sa présence
physique me manque », a terminé Marie-Josée, confiant qu’elle a encore l’impression
de « vivre dans l’irréalité » depuis la tragédie.







L’ex-mari d’Henriette Latulippe, Mario Grimard (à droite),
et leur fille Marie-Josée (à gauche)
formaient une famille très soudée malgré la séparation du couple.


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Message par Edith le Mer 5 Fév - 23:52









Foncer tête première

ANDRÉE-ANNE SÉVIGNY, 26 ANS





Sa fête a toujours été le clou des étés d’Andrée-Anne Sévigny.
C’est toutefois sans elle que tous ceux qui l’ont aimée ont dû souligner
son 27e anniversaire plus d’un mois après l’explosion qui a emporté leur
énergique et déterminée « Dedoune ».

« Toute sa vie, on en entendait parler (de sa fête) des semaines à l’avance »,
rappelle tristement sa maman Louise Breton, pour qui cette année fait exception.

« C’est vrai, il ne fallait pas oublier sa fête ! » acquiesce Mario Sévigny,
le père d’Andrée-Anne.

La jeune femme a perdu la vie au Musi-Café. Elle y travaillait comme
serveuse afin de payer sa formation.



Déterminée plus que jamais à réussir son retour aux études, elle avait choisi de
consacrer sa vie à soigner les autres en tant qu’infirmière.

Une tonne de projets

« Elle aimait ça prendre soin des gens », souligne son amoureux
Marc-Antoine Masse.Et lorsqu’elle avait décidé quelque chose,
rien ne l’arrêtait plus, assurent ses proches à l’unisson.
« Elle avait de la ‘‘drive’’ », lance fièrement son copain.

C’est qu’Andrée-Anne avait de l’énergie à revendre. Entre son emploi, ses études,
les cours de danse qu’elle donnait et les spectacles, elle jonglait avec une tonne
de projets et de rêves.

« Ce qu’elle faisait, c’est ce qu’elle aimait », glisse son père.

Malgré son horaire chargé, elle consacrait beaucoup de temps à ses proches qui
l’ont connu comme une rieuse invétérée. « Quand elle partait à rire, elle était
partie pour des heures ! » s’exclame son frère.
Ainsi, Andrée-Anne adorait taquiner son copain sur son jeune âge.
« C’était le ‘‘running gag’’ », lance Marc-Antoine, 21 ans. Elle l’appelait
« bébé 91 » à la blague.







Andrée-Anne Sévigny prend la pose en compagnie de son amoureux Marc-Antoine Masse.


La jeune femme profitait bien de la vie. Elle avait pris l’habitude de prendre
des photos de tout et de rien afin de garder avec elle les moments qu’elle chérissait.

« On l’appelait ‘‘picture happy #2’’ d’après sa marraine Nathalie Breton
(picture happy #1) qui est comme elle », explique la mère d’Andrée-Anne.

Elle laisse des piles de photos d’elle en souvenir à ses proches.
Mais elle laisse un vide.

« Tu nous manques énormément Andrée-Anne », dit Mme Breton
au nom de toute la famille.

« Maintenant, j’appelle son cellulaire juste pour entendre sa voix (sur sa boite vocale) »,
confie la maman d’Andrée-Anne.


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Message par Edith le Mer 5 Fév - 23:53









Le timide aux souvenirs perdus

YANNICK BOUCHARD, 36 ANS





En plus de perdre un fils, un père et un frère, la famille Bouchard a vu disparaitre
pratiquement tous les souvenirs qui lui rappelaient Yannick.
Le père de Mylène, 17 ans, et de Laurie, 15 ans, est décédé dans son appartement
situé au-dessus du Musi-Café.

Il habitait cet endroit avec sa mère depuis 7 ans. Ce soir-là, elle était chez son
autre fils, Éric, à Sherbrooke.
« J’ai l’impression qu’il m’a sauvé la vie. Il avait insisté pour que je parte en vacances »,
se souvient sa maman, Suzie Bouchard.

Dans l’explosion Mme Bouchard a tout perdu, dont les souvenirs de son fils.
Les photos de lui qu’elle gardait et ses biens sont aujourd’hui brûlés.



Elle dit penser souvent à son fils pour se donner du courage.

« C’est une grosse perte. Ça va me prendre beaucoup de temps avant de m’en
remettre et de l’oublier », a-t-elle confié, mentionnant qu’elle aura beaucoup
de difficulté à retourner à Mégantic.

Pour son frère Éric, la perte de Yannick laissera un grand vide, surtout que
tous les souvenirs ont disparu. « Ce n’est pas évident. Je trouve ça dur de
ne pas pouvoir me rattacher à un objet ».

Yannick venait de terminer son cours de camionnage et il avait
l’intention de repartir à neuf.

Depuis plusieurs années, il effectuait des raccompagnements pour les gens
qui avaient pris un verre de trop dans les bars de Mégantic. « Il aimait ça.
Il pouvait rencontrer des gens », rappelle Suzie.



Son frère définit Yannick comme un résilient.

« C’était un gars qui ne se laissait pas décourager facilement, et ce, malgré
les durs moments vécus par le passé. Il est toujours resté optimiste »,
a-t-il indiqué, faisant référence à une peine d’amour difficile.

Il avait toujours été un gars timide et réservé, mais avec le temps il
commençait à s’affirmer.

Pour les deux filles de Yannick, le deuil est difficile.


« Ce n’est pas évident pour les filles.
Elles prennent ça dur », explique Éric.

« Le départ a été soudain et la tragédie est immense ».


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Message par Edith le Mer 5 Fév - 23:53









Le farceur

JACQUES GIROUX, 65 ANS





Incapablede s’empêcher d’être taquin, Jacques Giroux profitait à plein
de la beauté de Lac-Mégantic depuis le début de sa retraite.
« Il en avait toujours de bonnes à raconter. Ce n’était pas toujours vrai.
Il essayait de m’en passer des bonnes! Tu le regardais et il avait un de
ces sourires (quand tu découvrais qu’il te menait en bateau).
Il était bon pour ça », raconte son ami René Bolduc.

Tous les jours ou presque, les deux hommes marchaient dans Lac-Mégantic.
Ils prenaient un café à l’occasion. Les deux hommes s’asseyaient sur les
rives du lac Mégantic.

« Et il n’y avait pas une journée où il ne disait pas : c’est tu beau
Lac-Mégantic hein? On est-tu bien ici! », raconte M. Bolduc.



« C’était formidable de parler avec lui », souffle-t-il.

Celui qui vivait dans un appartement au-dessus du Musi Café a oeuvré pendant
sa vie active dans le domaine de la rénovation. Il travaillait à son compte.
Ça lui permettait d’aller travailler en Floride l’hiver quand l’envie lui en prenait,
raconte son ami.

N’empêche qu’il « avait l’air d’apprécier sa retraite. »

Mais lorsqu’il discutait de sa pension, il répétait à M. Bolduc:
« je ne veux pas passer pour un vieux ».

Toujours la blague pour faire rire, « tu le rencontrais, tu t’entendais bien avec lui.
C’était un vrai boute-en-train »


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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Mer 5 Fév - 23:54











À quelques jours d’être papa

MAXIME DUBOIS, 27 ANS




En pleine nuit, Joannie Proteau a entendu rire aux éclats la petite Anaïs,
née à peine quatre jours après le décès de son père dans la tragédie de
Lac-Mégantic.
« C’est sûrement son père qui lui racontait des blagues », confie la jeune
mère entre le sourire et les larmes. Impossible pour Joannie Proteau d’oublier
quel boute-en-train était l’homme de sa vie.

Le papa d’Anaïs ne verra jamais sa fille faire ses premiers pas.
Mais ses parents, sa soeur et sa conjointe affirment à l’unisson
qu’il « veille sur elle ».

Anaïs a aujourd’hui deux mois, et les yeux aussi bleus que ceux
de son papa et de sa maman.

« On dit qu’elle a le sourire de son père », affirme aussi France,
la mère de Maxime.

Des sourires, le jeune homme de 27 ans savait en accrocher sur
le visage de ses proches. Il laisse derrière lui une trace indélébile.
Maxime était le noyau de la famille.



Assis autour de la table dans la maison familiale, ses parents, sa
sœur Audrey et son amoureuse se sont remémoré sans pudeur leurs
fous rires. « Il était toujours de bonne humeur. Et il parlait fort, comme
son père et sa sœur. Avec eux trois ensemble, c’était difficile d’en
placer une », confie sa mère, les yeux brillants.

Au fil du temps, les parents de Maxime ont accueilli toute la gang
d’amis de leur fils chez eux. La maison était le théâtre de soirées bien
arrosées, de parties de cartes et de repas en famille.
Un ami fidèle
Guillaume Morin connaissait Maxime depuis 12 ans. Des amis comme lui,
il peut les compter sur les doigts d’une main. « Il a tellement fait pour
moi sans même le savoir… Il a entraîné une bonne partie de ma vie.
Je ne serais pas le gars que je suis devenu sans lui », laisse-t-il tomber.

Le jeune homme n’a que de beaux souvenirs à raconter. Entre les « road trips »
improvisés entre chums, leurs 18 concerts des Cowboys Fringants le même
été et les voitures décorées à coup d’œufs, de lait et de farine, la gang n’avait
jamais le temps de s’ennuyer. « Max, c’était un clown ambulant », lance
Guillaume dans un éclat de rire.

Attablé au comptoir du Musi-Café quelques heures avant le drame,
Maxime Dubois attendait avec impatience la naissance de sa fille.
« Il avait les yeux comme des deux piasses en parlant d’elle »,
se souvient Marc-Antoine Masse, un autre de ses amis.

« Ça aurait été le meilleur père sur Terre », pense Guillaume.



Boule d’énergie

Le jeune homme travaillait dans une usine de granit et installait
des comptoirs de cuisine. Passionné de jeux vidéo et de cinéma
d’action, comme les James Bond, Star Wars ou Le Seigneur des anneaux,
il partageait beaucoup de moments privilégiés avec sa sœur Audrey.
« On se ressemblait beaucoup, on faisait des activités de geek ensemble
», sourit-elle.

Son grand frère occupait une place importante dans sa vie.
« Il avait de la répartie, c’était tout le temps le fun avec lui (…).
Aux jeux de culture générale, il nous battait tous. Il avait des
connaissances sur tout, il était brillant », s’exclame-t-elle.

« Petit, il faisait même des casse-tête à l’envers, sans l’image »,
se souvient Damien, son père.

« Et ses Legos, c’était la prunelle de ses yeux. On a tout gardé.
J’espère qu’Anaïs aimera ça ! » renchérit sa mère à la blague.

Aujourd’hui, la maison est vide sans Maxime. Mais grâce à la petite Anaïs,
installée dans son lit à barreaux au milieu du salon, il est encore un peu là.
La blondinette aux grands yeux bleus est devenue la
« boule d’énergie » de la famille.



« C’est notre rayon de soleil, on n’aurait pas pu l’aimer plus que ça »,
ajoute sa mère.

À Noël dernier, Maxime et Joannie avaient annoncé aux parents
du jeune homme l’arrivée prochaine d’Anaïs.

« Ils nous ont dit qu’on serait six autour de la table au Noël suivant.
Le père s’est mis à pleurer, la sœur à rire, puis moi je ne savais plus
quoi dire », raconte France.

« Mais à Noël cette année, on sera toujours cinq », termine Joannie.





Maxime Dubois et Éric Pépin,

décédés dans l'explosion du train à Lac-Mégantic.



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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Jeu 6 Fév - 0:11







Elle rêvait de devenir maman

MÉLISSA ROY, 29 ANS




Emmanuel Tossel ne se lasse pas de regarder la vidéo
de son amoureuse,Mélissa Roy,qu’il avait filmée en train de
chanter sans qu’elle s’en aperçoive.
C’était un matin comme tous les autres. Les cheveux en
bataille et la voix envoûtante,
la jolie blonde chantait Je t’aime encore de Céline Dion
devant son ordinateur jusqu’à
ce que son copain vienne la surprendre avec sa caméra.

« Un petit clin d’œil à ma merveilleuse conjointe qui ne savait
pas que je la filmais.Dommage que tu sois partie si vite mon amour.
Je t’aime », écrit-il pour lui rendrehommage, sous la vidéo qu’il a
publiée sur YouTube.La disparition de la jeune femme pétillante et
pleine de vie le 6 juillet dernier au
Musi-Café a laissé un grand vide dans le coeur d’Emmanuel.

« Elle chantait tout le temps, se souvient-il, ajoutant qu’il y a
quelques annéeselle avait enregistré un album de reprises.
Les partys,ça finissait souvent en karaoké. »

Depuis le drame, le souvenir de Mélissa inonde la maison où le couple imaginait
déjà voir grandir sa famille. Son soulier de course, devenu tout un symbole
après avoir été déposé au mémorial de l’église de Mégantic, trône tout près de la cheminée.

« Son plus grand rêve, c’était d’avoir un enfant. Elle a perdu notre premier bébé le
29 décembre… Ç’a été dur, mais on recommençait », dit le jeune homme,
la voix remplie d’émotion.



Mélissa Roy vivait à 100 à l’heure.

« Toujours partante pour tout, toujours de bonne humeur, sans cesse prête
à faire n’importe quoi, n’importe quand », résume Emmanuel.

Souriante, énergique, rassembleuse, elle était pour ses proches un « véritable
rayon de soleil » au quotidien. Sur les nombreuses photos d’elle que son conjoint
garde précieusement, Mélissa a toujours le rire au coin des lèvres. Elle croquait la vie.
La disparition de la jeune femme pétillante et pleine de vie le 6 juillet dernier au
Musi-Café a laissé un grand vide dans le coeur d’Emmanuel.

« Elle chantait tout le temps, se souvient-il, ajoutant qu’il y a quelques années
elle avait enregistré un album de reprises. Les partys, ça finissait souvent en karaoké. »

Depuis le drame, le souvenir de Mélissa inonde la maison où le couple imaginait déjà
voir grandir sa famille. Son soulier de course, devenu tout un symbole après avoir été
déposé au mémorial de l’église de Mégantic, trône tout près de la cheminée.

« Son plus grand rêve, c’était d’avoir un enfant. Elle a perdu notre premier bébé le
29 décembre… Ç’a été dur, mais on recommençait »,
dit le jeune homme, la voix remplie d’émotion.



Mélissa Roy vivait à 100 à l’heure.

« Toujours partante pour tout, toujours de bonne humeur, sans cesse prête
à faire n’importe quoi, n’importe quand », résume Emmanuel.

Souriante, énergique, rassembleuse, elle était pour ses proches un « véritable rayon
de soleil » au quotidien. Sur les nombreuses photos d’elle que son conjoint garde
précieusement, Mélissa a toujours le rire au coin des lèvres. Elle croquait la vie.



Toujours en voyage

Plusieurs fois par an, ils quittaient l’Estrie pour Cuba, le Mexique ou la
République dominicaine. Leurs innombrables photos de vacances
respirent le bonheur.

« Les voyages, c’est une passion qu’on avait tous les deux. Si on avait envie
de partir, on partait. On ne remettait jamais à demain ce qu’on pouvait
faire maintenant », explique Emmanuel.

La jeune femme qui travaillait à l’usine Masonite de Mégantic venait d’ailleurs de
fêter ses 29 ans au Mexique, deux semaines avant la tragédie.

Mélissa Roy était « une fierté » pour ses parents et son frère Bobby de qui elle
était très proche, raconte Emmanuel. Ils l’admiraient dans tout ce qu’elle faisait,
entre autres la musique et le sport.

« Ils ont perdu Mélissa aussi et ils sont encore là pour me soutenir »
réalise-t-il, ému, en les remerciant







Mélissa Roy et son copain Emmanuel Tossel

croquaient la vie à pleines dents.








Mélissa Roy, décédée à Lac-Mégantic au Musi-Café

lors du déraillement du train, avec ses deux meilleures

amies Stéphanie et Pascale.






Mélissa Roy

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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Jeu 6 Fév - 0:17





« Extrême dans tout »

DAVID LACROIX-BEAUDOIN, 27 ANS




David Lacroix-Beaudoin a disparu entouré de ses amis d’enfance,
Maxime Dubois,Éric Pépin et Mathieu Pelletier.
Le jeune homme de 27 ans habitait en Suisse avec sa femme.
Au début de l’été, il est rentré à Mégantic pour quelques jours
de vacances, histoire de renouer avec sa famille, ses amis et la
ville de son enfance qu’il avait quittée depuis trois ans déjà.

Emporté par l’explosion du train la veille de son retour en Europe,
il laisse dans le cœur de ses proches le souvenir d’un homme
drôle et plein de vie.

« C’était quelqu’un de fonceur, d’intense. Il était extrême dans tout »,
se souvient Guillaume Morin, un de ses amis depuis le secondaire.
Passionné de sport, il a jonglé entre le hockey, le football, l
e triathlon et l’escalade, ces dernières années.



« Un très bon gars »

En Suisse, il travaillait dans la montagne. Il grimpait en haut des
tours de télécommunications pour les réparer. Peu avant le drame,
il a confié à une amie que son métier était dangereux et qu’il
pensait de plus en plus à revenir au Québec.

Il avait d’ailleurs fait part de son envie de rentrer à la
maison à sa maman, Sylvie Lacroix,

« Il m’a dit : ‘’j’y vais six mois encore et je reviens.
Pour être proche de ma famille’’ », rapporte-t-elle.



« C’était un très bon gars que j’avais. Je n’en avais rien qu’un ».
Et comme un malheur arrive rarement seul, Mme Lacroix a également
perdu son frère ces derniers jours. « C’est comme pas croyable.
Un, c’est beaucoup, mais deux c’est trop… »

La maman de David venait de passer deux belles semaines de vacances
avec son fils. Lorsqu’il était en Suisse, ils gardaient des liens très étroits
puisqu’elle l’appelait tous les vendredis.

« Quand je n’appelais pas il me disait : ‘’Quoi? Tu n’appelles pas ton fils?
Je trouve ça dur maintenant les vendredis’’ ».

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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Jeu 6 Fév - 0:23







Le kid kodak

DAVID MARTIN, 36 ANS




Où qu’il aille et quoi qu’il fasse, David Martin était toujours muni
de son appareil photo.L’appareil à portée de main, David mitrail­lait
immanquablement ses amis de son flash dans les partys, les spectacles
et même au lever du lit.

« Il en était fatigant », se souvient avec un sourire dans la voix
Nancy Manseau, une amie de longue date.

Cet appareil plein d’une tonne de souvenirs, David l’avait avec lui
e soir du drame, précise-t-elle.

Mme Manseau est bien placée pour le savoir. David était chez elle
vendredi soir, peu de temps avant que l’explosion ne l’emporte.

Tous les vendredis et samedis soir, David passait de longues heures
chez Mme Manseau et son mari, qui le considérait comme son frère,
indique-t-elle en soulignant que ces soirs-là sont difficiles à vivre aujourd’hui.

« Il faisait partie des meubles », souffle la maman de cinq garçons de 4 à 14 ans.



« David était le sixième! » glisse-t-elle à la blague.

Il était très présent pour les enfants: il s’amusait beaucoup avec eux,
relate Mme Manseau.

Deux ou trois semaines après la tragédie de Lac-Mégantic, son plus jeune
fils lui a fait remarquer: « Il manque David (à table). »

« On ne réalise même pas qu’il n’est plus là, dit Mme Manseau, à qui la
remarque a fait tout un choc. C’est un membre de la famille qu’on ne
pourra pas remplacer. »



« C’est extrêmement difficile pour ma famille »,

résume la maman.


Elle n’a que de bons mots pour David, qui était un amoureux de la nature.
Une personne si « intè­gre » qu’il était absolument « impossible de ne pas l’aimer ».

« Quand il aimait quelqu’un, il l’aimait pour toujours, assure Mme Man­seau.
On ne rencontre pas souvent des gens comme ça dans la vie. »

David travaillait de nuit en tant qu’opérateur et conducteur de chariot
élévateur aux Industries manufacturières Mégantic.

« David, on ne voyait pas ça le jour! Il était blême! »

Ça ne l’empêchait pas d’être présent pour sa famil­le. « Il adorait ses parents
et sa famille », précise Mme Manseau.

« C’était sacré pour lui: tous les jeudis, il allait manger avec sa mère. »


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Message par Edith le Jeu 6 Fév - 23:50







La forte

NATACHAT GAUDREAU, 41 ANS



« Je ne sais pas si elle peut me voir. Mais je vais faire comme si
et la rendre fière », promet Estel Blanchet.
Natachat Gaudreau servait de boussole à sa fille de 17 ans en lui
montrant toujours le bon chemin à prendre. Estel continuera à se
laisser guider ainsi, même si sa mère a péri dans l’explosion à Lac-Mégantic.

Assise il y a quelques semaines à la table de sa mère, Estel fait une
courte pause alors qu’elle vide l’appartement familial.

Natachat lui a toujours apporté un soutien incondi­tionnel, dit-elle.
Elle l’a laissée « faire ses expériences de jeune » tout en lui servant
de guide pour éviter les tracas autant que possible, racon­te-t-elle.



Inspirante

« Ma mère, c’était une personne admirable. C’était une mère
monoparentale et elle a tout le temps tout fait pour qu’on ne
manque de rien. Elle était travaillante. »

Forte, fonceuse et avec du caractère à reven­dre: c’est ce que r
eprésentait Natachat pour sa fille. « Ma mère et moi, on était pareilles,
raconte-t-elle fièrement. Tellement pareilles qu’il y avait des flammèches! »

Afin d’offrir à ses deux enfants tout ce dont ils avaient besoin,
Natachat conjuguait rien de moins que trois emplois à la fois.
« Quatre jobs avec nous autres (les enfants) »,
lance Estel à la blague.

Natachat partageait ainsi son temps professionnel entre les bureaux
de Statistique Canada, de la Direction de la protection de la jeunesse
(DPJ) et de la municipalité de Val-Racine.

Ses multiples emplois ne l’empêchaient pas pour autant d’avoir
« tout le temps de nouveaux projets » en tête. La marche,
la natation, les cours de salsa, les voyages au Mexique.



« Elle aurait aimé ça, vivre éternellement. »

Natachat était d’autant plus inspirante pour Estel qu’elle avait
réussi à vaincre un problème de dépendance. Elle a d’ailleurs
assisté à une réunion des alcooliques anonymes quelques
heures avant l’explosion.

Mère et fille étaient proches. Le soir du drame, Natachat et Estel
ont pris une limonade ensem­ble. La première a ensuite passé la
soirée au Musi-Café pour écouter les chansonniers tout en sirotant
une limonade ou une autre boisson sans alcool. La seconde prenait
du bon temps chez des amis.

Natachat devait donner un coup de fil à sa fille en quittant le bar,
puis passer la prendre. Elles devaient rentrer chez elles ensemble.
Estel a longtemps attendu cet appel qui n’est jamais venu.

« Elle n’aurait même pas dû être là », laisse tomber Pauline,
la mère de Natachat. D’ordinaire, elle était rentrée depuis belle
lurette à l’heure de l’explosion.

La grand-mère compte bien prendre grand soin de ses petits-enfants,
pour qui la perte de leur mère est un choc immense.

« Quand tu es partie, c’est tout mon monde qui s’est écroulé »,
a écrit Estel dans les réseaux sociaux dans les jours qui ont suivi

Si elle tient à demeurer forte dans l’adversité pour honorer la
mémoire de sa mère, Estel a tout de même bien du mal à
s’expliquer les événements des dernières semaines.

« Tout a l’air normal. Mais rien n’est normal. Je sais que la planète
n’arrête pas de tourner… mais ma mère n’est plus là! »





Cette mère de famille en compagnie de

son fils Édouar et de sa fille Estel.






Natachat Gaudreau célèbre l’anniversaire d’Édouar.





Natachat Gaudreau



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Message par Edith le Jeu 6 Fév - 23:56






Le jeune leader

GAÉTAN LAFONTAINE, 33 ANS





Il avait beau être le bébé des frères et sœurs Lafontaine,
Gaétan était le pilier.
« C’était le plus jeune d’entre nous, mais c’était celui qui,
au niveau de l’entreprise, avait le leadership », raconte sa
grande sœur et collègue, Josée Lafontaine.


Toujours le nez dans tous les projets de Lafontaine et fils,
ce papa de deux fillettes disait souvent: « Qu’est-ce que
vous feriez sans moi? Tout est dans ma tête. »

Même s’ils s’en sortent très bien malgré son absence,
les Lafontaine n’ont d’autre choix que de constater que
Gaétan était une pièce maîtresse de leurs opérations.

« Il était une grosse partie de l’entreprise, convient
Mme Lafontaine. C’était un grand visionnaire. »



« Gaétan est une inspiration pour nous. Nous allons faire face
à la tempête avec dignité », promet sa sœur, qui assure que
l’entreprise se porte très bien malgré tout.

À l’emploi de l’entreprise familiale depuis son adolescence,
Gaétan a porté plusieurs chapeaux: arpenteur, estimateur,
chargé de projet, contremaître.
« Je ne savais plus comment l’appeler! » lance Mme Lafontaine.

Elle est catégorique. S’il était très exigeant envers ses frères
et sœurs avec qui il travaillait, Gaétan l’était tout autant
sinon plus pour lui-même.

« Tu es capable, tu es capable », répétait-il à sa sœur pour
l’encourager lorsqu’elle se butait à des épreuves au boulot.

Franc et très expressif, l’entrepreneur en construction n’hésitait
pas à dire « je t’aime » aux gens autour de lui.
« Aux hommes aussi », précise sa sœur avec un petit sourire.



« Il était très intense, autant au travail qu’en amitié
et avec sa famille », résume-t-elle.

Travailleur acharné, sa toute première priorité demeurait
néanmoins ses enfants. « Il le disait tout le temps. »

Son propre père, Raymond, en parle comme d’un fils aimant,
jovial, pétant de santé. Mais c’était surtout un « bon papa »,
se souvient le patriarche.

Le train a arraché à Anna, trois ans, et à sa grande
sœur Marilou leurs deux parents, Gaétan et Joanie.

Les Lafontaine ont dû fêter le sixième anniversaire de Marilou
sans ses parents quelques semaines après le drame.



Que ce soit avec les petites ou avec sa compagne,
« Gaétan avait des rêves grands comme ça », dit sa sœur en
écartant les bras. Il désirait s’acheter un bateau et une
érablière, notamment. Il voulait surtout épouser sa Joanie.

Un de ses frères l’a vu plonger dans le Musi-Café, l’épicentre de
l’explosion, pour tenter d’aller y sauver Joanie. Selon la famille,
les corps des deux amoureux ont été retrouvés côte à côte.

« Gaétan n’aurait pas vécu sans sa Joanie », croit fermement sa sœur.





Joanie Turmel et Gaétan Lafontaine,

tous deux décédés dans la tragédie de Lac-Mégantic.




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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Ven 7 Fév - 0:03





L’artiste sensible

JOANIE TURMEL, 29 ANS





À la fois jeune maman et artiste, Joanie Turmel a conclu la toute
première vente d’un tableau quelques heures à peine avant
l’explosion du train.
« Elle était tellement fière de l’avoir vendue (la toile) »,
se souvient sa grande sœur Kim Turmel. Joanie s’était
empressée de lui téléphoner la journée du drame
pour partager la nouvelle.

Plutôt que vendu comme prévu, le tableau (voir photo) sera
accroché en souvenir de son auteure au mur de sa sœur Kim.
C’est elle qui a la garde des deux petits anges de Joanie et
de son conjoint Gaétan Lafontaine, qui a péri à ses côtés.



Si Joanie était une artiste avec une sensibilité bien à elle, elle
était avant tout la maman de Marilou, 6 ans, et d’Anna, 3 ans,
rappelle la maman de Joanie, Suzanne Bizier. « Ses deux filles,
c’était sa vie. »
Les petites reflètent bien le côté « hop la vie » de leur maman,
même aujourd’hui, laisse tomber Mme Turmel.

« Joanie, c’était carrément la joie de vivre. Elle avait le bonheur
facile, même toute petite. Elle ne s’en faisait pas avec la vie,
relate Mme Bizier. Joanie nous apportait cette espèce de belle
folie. Des fois, elle disjonctait carrément! »



Bien malgré elle, son côté tête en l’air déclenchait
aussi bien des rires.

« Elle s’est déjà fait retourner sa sacoche par la poste de
Montréal et aussi de Québec (où elle l’avait oubliée), raconte
Mme Turmel. Elle était découragée. Nous ça nous faisait rire.
C’était trop! Oublier ses clés, ça c’était un classique. »

Si Joanie semblait avoir un don pour profiter de la vie à fond,
c’était encore plus vrai depuis qu’elle était passée à deux
doigts de perdre la vie il y a quelques années, relate sa famille.

La jeune maman a été sauvée in extremis d’une importante
hémorragie survenue une semaine après la naissance de sa seconde fille.
« Maman, je ne veux pas mourir. Je ne veux pas mourir,
j’ai deux petites filles », avait-elle répété avant d’entrer en salle d’opération.



Comme sa famille, son conjoint Gaétan Lafontaine avait craint
le pire jusqu’à ce que Joanie soit hors de danger.

« Ils s’aimaient tellement, ce couple-là! C’était profond. Juste le
fait qu’il soit retourné la chercher… », confie Mme Bizier.
Elle fait référence au fait que Gaétan se soit engouffré dans
le Musi-Café après le déraillement pour aller y chercher Joanie.

« On le remercie (Gaétan) de ne pas avoir laissé Joanie
toute seule », glisse Mme Turmel.

Si les proches de Joanie restent forts dans l’épreuve,
ils n’en ont pas moins le cœur brisé.

« Ça bousille tout. Ça remet tout en question », lance Mme Bizier,
qui entend bien se consacrer tout entière à ses petites-filles.

Malgré le drame, « elles (les fillettes) vont bien. Elles rayonnent »,
promet Mme Turmel, qui n’a plus deux, mais bien quatre
enfants de six ans et moins à la maison désormais.



Elles dansent et chantent, sourit Mme Turmel. On leur a
confectionné des habits de princesse qu’elles adorent.
N’empêche, c’est loin d’être facile pour Anna et Marilou.
Très rapidement, elles ont commencé à appeler leur tante
Kim « maman ». Troublée au départ, Kim a fini par se faire
à l’idée sûrement rassurante pour les fillettes.

Peu de temps après la tragédie, une des petites a laissé tomber
une phrase qui a chamboulé Kim : « je ne pourrai pas être une
artiste comme maman. Elle était supposée me montrer à peindre ».





Marilou et Anna ont perdu leurs parents.





Le tout premier tableau vendu par

Joanie Turmel le jour de sa mort.






Joanie Turmel



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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Ven 7 Fév - 0:09





Le clown

RÉAL CUSTEAU, 57 ANS





Réal Custeau ne reculait devant rien pour faire rire ses proches
aux éclats, pas même se faire mettre des boudins plein la tête
par ses deux belles-sœurs pour un party de Noël.
« Ses cheveux, c’était de l’or pour lui. Il en était fier, raconte
son frère Richard. C’était tellement drôle de le voir avec des
boudins sur la tête! C’était juste pour la soirée.
Il s’est dépêché d’enlever ça après. »

« Il animait beaucoup les rencontres fami­liales.
Il était clown pas mal. Je te jure qu’il ne laissait
pas sa place », lance M. Custeau.

Le soir où le train à la dérive a explosé en plein cœur de
Lac-Mégantic, Réal se trouvait dans son appartement,
non loin du Musi-Café.

Il fêtait l’anniversaire de Stéphane Lapier­re en compagnie
de Jean-Guy Veilleux. L’explosion a emporté le trio.
Réal avait tout du gars simple et sans malice, assure M. Custeau.
Son frère et lui ont grandi le long de la voie ferrée qui faisait
partie intégrante de leur vie.

Réal savait bien tirer un immense plaisir des petites choses
de la vie: le vélo, la musique, la marche et les chevaux.



Libre comme l’air

Pour ce qui est du travail, Réal se promenait sans cesse d’un
endroit à l’autre, appré­ciant tout particulièrement la liberté de
mouvement que ce choix de vie lui donnait.

« Il faisait les petites jobs pour l’un et l’autre, comme planter
des sapins, expli­que M. Custeau. C’était un gars qui aimait la liberté
et les gens. Il avait beaucoup de copains. »

Son départ laisse un vide qu’il sera impossible de combler pour la
famille de six enfants, laisse tomber M. Custeau, qui pouvait voir
les flammes depuis chez lui le soir de la tragédie.

Encore aujourd’hui, il lui est difficile d’abandonner
l’espoir de le voir revenir un jour.



Richard Custeau a écrit et enregistré une chanson en hommage
à son frère Réal (photo à droite). Il a mis la pièce en vente au
profit de la jeunesse de Lac-Mégantic.
Pour plus d'information : rcusteauplacaques@axion.ca





Réal Custeau



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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Ven 7 Fév - 0:15





La maman poule

KARINE LAFONTAINE, 35 ANS





« Elle était tellement belle, tellement bien ce soir-là »,
se rappelle Pascal Lafontaine une main sur le cœur.
C’est cette pensée qui l’habitait lorsqu’il a vu pour la
dernière fois sa douce Karine Lafontaine.

Le couple festoyait au Musi-Café. Lui est retourné
auprès de leurs trois enfants moins de 30 minutes
avant le drame. Elle est restée là.

Ils étaient ensemble depuis toujours. Comment a
commencé leur histoire d’amour? « Au bal des finissants »,
glisse M. Lafontaine, ému. C’est Karine qui l’avait invité.
Ils ne se sont plus quittés ensuite.

« Elle aimait tellement Pascal, ajoute Josée Lafontaine,
sa belle-sœur et meilleure amie. C’était une femme à un
seul homme. Et lui, c’était son homme. C’était son Pascal. »

Karine était la tendre maman de leurs trois enfants:
Angélique, 13 ans, Rosemary, 11 ans, et Clément, 7 ans.

Leur maman incarnait l’image même de la mère
aimante pour ceux qui l’ont côtoyée.



La famille, c’est la vie

« Pour elle, c’était ça la vie. Elle aurait pu en avoir 14 (enfants),
résume Mme Lafontaine. Karine, c’était la famil­le (…),
la mère poule, la femme aimante.
C’était la deuxième mère de mes enfants. »

Tous les enfants du coin se donnaient rendez-vous chez elle,
raconte Mme Lafontaine. Au grand plaisir de Karine, d’ailleurs,
qui leur préparait de bons petits plats.

Bonne vivante, Karine ne refusait jamais une invitation.
« Elle était toujours partante », assure Mme Lafontaine.

Et elle adorait par-dessus tout jaser, relate sa belle-sœur.

Ayant travaillé depuis l’adolescence pour les entreprises des
Lafontaine, Karine avait quitté son emploi il y a un peu plus
d’un an pour aller travailler ailleurs, toujours en tant
qu’adjointe administrative.

« Elle voulait voir ce qu’elle valait ailleurs. Ça m’a fait beaucoup
de peine, mais je l’ai respectée là dedans. » Impossible de lui en
vouloir de toute façon.
« C’était une femme de cœur », lance Mme Lafontaine.

Les enfants se portent bien dans les circonstances, souligne-t-elle.
C’est tout le clan qui sera là pour les aider à traverser cette terrible épreuve.





En compagnie de toute sa petite famille.

Son conjoint Pascal Lafontaine est à ses côtés,

ainsi que leurs trois enfants :

 Angélique, 13 ans, Rosemary, 11 ans et Clément, 7 ans.






Karine Lafontaine, décédée dans la tragédie

de Lac-Mégantic et son conjoint Pascal Lafontaine.




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Message par Edith le Ven 7 Fév - 0:20





Une fille « magique »

ÉLODIE TURCOTTE, 18 ANS





Belle à tomber dans sa robe de bal, Élodie Turcotte était une
vraie fonceuse qui embarquait à dos de moto-cross avec son
copain pour sillonner les paysages des Cantons-de-l’Est.
« Elle était magique. Elle faisait du quatre-roues, de la moto,
du cheval », dit avec admiration le jeune Miguel Rouillard
qui partageait sa vie depuis deux ans.

À 20 ans seulement, l’amour qu’il porte à Élodie laisse sans voix.
Pendant 32 heures d’affilée, il a remué ciel et terre dans l’espoir
de la trouver après la terrible nuit du 6 juillet. En vain.

Élodie travaillait depuis moins d’un mois au Musi-Café. Le soir du
drame, son amoureux devait la rejoindre pour boire une bière
après son quart de travail. Il est passé devant le bar, a décidé
d’aller chercher son portefeuille chez lui, et, à peine arrivé à son
appartement, le centre-ville a explosé.
De sa fenêtre, il a tout vu. « Ça a pété. J’ai sauté dans mes bottes,
ça m’a pris deux secondes pour y aller ». Mais Miguel n’a pas pu
dépasser la Banque Nationale de la rue Frontenac, ses chaussures
fondaient sous la chaleur.



Des photos partout

Avec un de ses amis, il a décidé de cogner aux portes des
maisons pour prévenir les résidents.

« Je me suis dit, il faut qu’on aille sauver du monde »,
relate le garçon.

Malheureusement, il n’a rien pu faire pour Élodie,
prise au piège dans le Musi-Café.

« Elle adorait son travail, elle y mettait beaucoup
d’efforts », poursuit-il.

Il la décrit comme une fille pleine d’énergie, « un ange »
qui faisait tout pour lui faire plaisir. Dans son appartement,
les photos de sa douce ornent les murs et les étagères.



Depuis la tragédie, il lui arrive parfois de partir en moto du côté
de Marston, où le couple aimait se balader et s’émerveillait devant
la beauté des paysages montagneux.

Élodie et Miguel étaient tous les deux étudiants. Elle en esthétique,
lui en machinerie. Ils étaient impatients de se lancer dans la vie active.

« On commençait à forger notre avenir. On le voyait ensemble »,
confie le jeune homme les yeux pleins d’eau. S’il n’a pas encore
réussi à dormir dans son lit depuis le 6 juillet, il confie être très
entouré par ses proches : sa famille, ses amis, et la famille d’Élodie.

« On se serre les coudes, tous. C’est beau à voir tout l’amour
qu’il y a dans tout ça », se réjouit-il





La jeune Élodie Turcotte était resplendissante

dans sa robe de bal, se souvient son amoureux.








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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Dim 13 Avr - 7:28







Pétillante et sans regret


KATHY CLUSIAULT, 24 ANS

La pétillante Kathy Clusiault vivait à 100 milles à l’heure.

« Kathy a vécu en 24 ans ce qu’une personne de 50 ans n’a pas vécu.
Elle en a profité de son temps, assure sa petite sœur Kim Clusiault.
C’est sûr qu’elle est partie sans regret. »

C’est un mince réconfort. Il permet néanmoins à Kim de tenir le coup.

« Ma sœur, elle était unique. Elle était folle sur les bords (rires).
Elle était énervée, résume Kim, qui apprivoise tranquillement le
décès de Kathy. C’était une vraie boule d’énergie. »

« L’expression’’on dormira demain’’ lui collait bien à la peau.
Elle voulait toujours se diviser en quatre pour aller voir le maximum
de gens, faire le maximum de choses, être avec ceux qu’elle aimait
et vivre toutes les émotions qu’elle pouvait vivre, explique sa sœur. 

Elle avait toujours un projet qui l’attendait, une soirée, un tour du lac
avec moi... Même fatiguée, elle était toujours là pour ses amis ou sa
famille, partante pour une aventure. »

« C’était la joie de vivre. Une jeune fille dynamique, fonceuse, tenace,
intelligente et très épanouie », se souvient aussi le papa de Kathy, Jean.

Et toute cette énergie, Kathy la mettait dans ses nombreux projets,
relate Kim.



Rêve réalisé

Le dernier en lice: revenir s’installer à Lac-Mégantic après cinq ans
d’absence pour les études et le travail. Elle rêvait de retourner à ses
racines. Et d’y ouvrir une clinique en tant qu’orthothérapeute, semblable
à celle qu’elle tenait à Sherbrooke.

Ce rêve, elle l’a réalisé quelques semaines à peine avant le drame.

Elle avait déniché l’endroit « trop parfait » pour vivre et tenir sa clinique.
Au point qu’elle a pleuré en visitant l’endroit pour la première fois,
raconte sa sœur.

Kathy a donc emménagé au deuxième étage de l’immeuble en face
du Musi-Café, en juin.

C’est là qu’elle devait se trouver lorsque le train à la dérive a dévasté
la ville, soufflant du coup son appartement. Il s’en est fallu de peu pour
que sa sœur Kim s’y trouve aussi le soir du drame. Elle devait aller y
dormir, mais a changé ses plans au dernier moment.

Kim est bien fière de cette sœur qui a su avoir un immense impact
sur ceux qui ont croisé sa route. Souvent, Kathy « brassait » les gens.
Avec amour, elle les mettait face à la réalité et les incitait à cheminer,
explique sa sœur.

Elle était très peace and love, souligne Kim, pour qui Woodstock
en Beauce représente bien sa sœur.

« Kathy a semé du bonheur partout où elle est passée, laisse tomber Kim.
Je suis tellement contente qu’elle ait été ma sœur même si elle est partie
vite. Je n’aurais pas pu demander mieux. »





Kathy et sa sœur Kim





Kathy Clusiault (à gauche)


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