Chez Édith

HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

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Message par Edith le Dim 13 Avr - 7:29







Les yeux du cœur

MARTIN RODRIGUE, 48 ANS


La sensibilité à fleur de peau de Martin Rodri­gue en faisait le parfait tailleur
de pierres tombales. Ciseau et maillet en mains, il n’avait pas son pareil.
« Je pense que mon frère avait vraiment les yeux du cœur comme dans la
chanson de Gerry Boulet, souffle Manon Rodrigue, les larmes aux yeux.
Il comprenait beaucoup de choses sans que je le dise vraiment. »

Discret, réservé et très sensible, il était versé dans les travaux manuels
de toutes sortes. Il était perfectionniste à souhait.

« Il a appris tout jeune de notre père », expli­que Manon Rodrigue.
Issu d’une troisième génération de « granitier », Martin est le seul à être
demeuré dans le milieu après la vente de l’entreprise familiale.



Sa mort laisse un vide immense dans la vie de sa sœur et de sa famille.

« On se voyait tous les jours. On habitait face à face. On a toujours été là l’un
pour l’autre. C’était mon petit frère, mon confident. Il n’y avait aucun secret
entre nous. Pour lui, la famille avait beaucoup d’importance. »

C’est pourquoi elle refuse catégoriquement de laisser sans soin le petit paradis
pour les oiseaux que son frère s’était installé dans sa cour arrière.



Martin y accordait tant d’importance que sa sœur va remplir régulièrement les
mangeoires construites à la main par son frère et s’occuper des arbres fruitiers.
Les semaines qui s’écoulent depuis sa mort ne changent en rien sa résolu­tion.

Amateur de chasse, joueur de guitare à ses heures et bénévole très impliqué
dans sa communauté, Martin laisse derrière lui de beaux souvenirs
à ceux qu’il a côtoyés.

Entre autres à ceux qui ont été témoins des efforts de Martin pour
construire un parc pour enfants grâce à ses talents manuels.

Martin prenait du bon temps avec Yves Boulet (lui aussi décédé) au Musi-Café
le soir du drame « comme tous les vendredis soir », souligne Mme Rodrigue.

Des témoins ont rapporté à Mme Rodrigue que Martin a passé une particulièrement
belle soirée. « Au moins ce soir-là, il était en paix avec lui–même », se console-t-elle.

« Tout ce qu’on vivait ensemble, c’est fini », glisse Mme Rodrigue.





Martin Rodrigue


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Message par Edith le Dim 13 Avr - 7:30







La boule d’énergie

JO-ANNIE LAPOINTE, 20 ANS


La nièce à naître de Jo-Annie Lapointe gardera vivant le souvenir
de sa tante décédée en portant son nom.
« On pensait que c’était un garçon au début. Mais quand on a
appris que c’était une petite fille... La question ne se posait même pas.
C’est sûr qu’elle s’appellera Jo-Annie », lance sa grande sœur Justine,
enceinte de sept mois.

Malgré la tristesse qui afflige la famille de Jo-Annie, ses proches gardent
en tête plusieurs souvenirs heureux de la jeune femme de 20 ans.

Attablées à un restaurant de Lac-Mégantic, les deux sœurs et la mère
de Jo-Annie partagent des anecdotes savoureuses, le regard amusé.

« Ma sœur, elle était folle. Elle faisait tout le temps des petites faces.
Elle était tellement enjouée. Elle riait tout le temps. Tellement, que parfois,
elle ne pouvait pas se retenir de faire pipi. C’en était un ‘‘running gag’’.
Quand elle riait, souvent, elle criait :
"Arrête! Je vais faire pipi dans mes culottes". C’est sûr que dans ce
temps-là, on continuait à la faire rire », raconte sa sœur Gabrielle.



« Disons qu’elle n’avait pas peur du ridicule », ajoute Justine.

Celle que tout le monde appelait « ti-pou » travaillait au Musi-Café le soir
du drame. Un emploi qu’elle n’occupait que pour l’été puisqu’elle retournait
à l’école dès septembre pour faire une technique en travail social.
Elle venait d’ailleurs d’emménager à Sherbrooke dans l’appartement
de Gabrielle et de son copain.

Un bel amour
« Elle n’avait même pas défait ses bagages », laisse-t-elle tomber.


Gabrielle craint que son appartement ne soit bien vide maintenant que sa
« presque jumelle » n’est plus là.

« On était censé se construire une armoire à souliers. On aurait fait des muffins
ensemble, posé nos rideaux, écouté des téléséries.
On avait pensé à tout ça », dit-elle.



Cette rentrée scolaire marquait le début de la « vie d’adulte » de Jo-Annie.

« Elle était la dernière à partir de la maison.
Je vivais déjà un petit deuil de maman.
Mais je savais qu’elle s’en allait avec sa sœur », raconte Diane Bélanger.

D’ailleurs, pour la première fois de sa vie, la jeune fille vivait un amour vrai.

« Un bel amour. C’était beau à voir aller. On sentait que c’était solide »,
explique la mère, ajoutant que Marc-Antoine prenait bien soin de sa fille.

« Ça me fait bien de la peine pour son chum. On dirait qu’ils s’étaient
toujours connus », ajoute Justine.

« Tout commençait à bien aller dans sa vie. Ça me fait mal de penser à
toutes les choses qui s’en venaient pour elle.

Dommage par exemple qu’elle n’ait pas pu vivre le fait d’aller au cégep,
à l’université. C’est une partie plaisante.

T’apprends plein d’affaires, tu rencontres plein de monde.

Elle n’a pas pu vivre ça… », se désole Gabrielle, émue.

Véritable boule d’énergie, Jo-Annie était appréciée de tous,
assurent ses proches.

« Je ne pense pas que c’était possible de ne pas l’aimer »,
lance Gabrielle.

Une chose est certaine, sa disparition laissera un vide.



« Ti-pou venait prendre son café tous les matins chez nous.
Ce qui est dur, c’est que ma fille de trois ans me demande où elle est.
Qu’est-ce que tu veux lui répondre? », se désole Justine.

Le soir même du tragique déraillement, Diane Bélanger
a croisé sa fille en voiture.

« On s’est rencontré aux quatre chemins à Stornoway (municipalité voisine).
Moi, j’allais chez nous et elle virait pour Mégantic. Je vois encore son visage.
Elle m’a fait un beau sourire et un petit bye-bye. Déjà là, j’ai senti un petit
quelque chose de… bizarre », explique-t-elle.

« Sincèrement, j’ai eu envie de virer de bord. Pour lui dire quoi? Je ne sais pas.
Si je m’imprègne de ce moment, j’ai l’impression qu’elle me disait : "fais-t’en pas,
inquiète-toi pas". Je suis tellement contente de l’avoir croisée.
C’est une grâce », précise-t-elle.







Andrée-Anne Sévigny (gauche) et Jo-Annie Lapointe (droite)
prises en photo sur la terrasse du Musi-Café.






Jo-Annie en compagnie de ses soeurs Gabrielle et Justine.


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Message par Edith le Dim 13 Avr - 7:31







La doyenne Taquine

ÉLIANE PARENTEAU, 93 ANS



Éliane Parenteau n’avait aucune chance de s’en sortir dans sa belle maison
du boulevard des Vétérans lorsque le convoi chargé de pétrole a soufflé le
centre-ville.
« Ma mère ne courait pas vite à 93 ans, confie son fils Michel Boulanger.
Elle disait ­toujours qu’elle n’irait jamais au foyer de vieillards et qu’elle
allait mourir chez elle. »

Le 6 juillet dernier, c’est en effet chez elle qu’elle s’est éteinte.
Doyenne de sa famille, Éliane était également la plus âgée des victimes.
Aujourd’hui, ses proches se souviennent d’elle avant tout comme d’une
personne souriante et pleine de vie.

« Une femme en si bonne santé ne méritait pas de mourir dans ces conditions »,
ont déploré les neveux et nièces dans une lettre d’adieu adressée à leur tante.



Ces derniers ont aussi souligné l’immense plaisir qu’Éliane Parenteau prenait
à partager un petit verre avec eux.

Elle était la dernière d’une famille de 11 enfants. Tous se rappellent son côté
taquin et sa bonne humeur. Elle adorait aussi recevoir son monde chez elle.



Son fils Michel a fait le trajet jusqu’à Lac-Mégantic pour comprendre que
l’impensable s’était bel et bien produit: la maison de son enfance tournée vers
le lac avait disparu, avec tous ses souvenirs à l’intérieur.

« Mon but, c’était de me rendre compte qu’il n’y avait plus de maison là où j’ai grandi.
J’ai passé ma vie là et c’était important pour moi de me rendre à l’évidence :
s’il n’y a plus de maison, sûrement que ma mère n’est plus là... ».

Éliane Parenteau a été la première des 47 victimes identifiées.
Son corps a été reconnu grâce à une plaque de métal qui se situait
près de sa hanche.

Michel Boulanger est aujourd’hui soulagé. Sa maman a été retrouvée.
La mort d’Éliane dans de telles conditions a été difficile à accepter,
mais il commence désormais son deuil.


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Message par Edith le Dim 13 Avr - 7:32







Une femme au grand cœur

DIANE BIZIER, 46 ANS



« Trouver une personne qui ‘‘fite’’ avec nous, c’est pas facile.
Je ne retrouverai jamais quelqu’un comme elle », assure Guy Ouellet,
le compagnon de Diane Bizier.
En couple depuis six ans, les amoureux avaient une complicité à toute
épreuve. Deux semaines avant le drame, Diane confiait d’ailleurs à une
amie qu’elle ne s’était jamais sentie aussi épanouie.

Même sa sœur, Suzanne Bizier, se souvient de l’avoir entendue
dire à leur mère : enfin, je suis heureuse.

« Maudit que ça n’aura pas duré longtemps », réalise-t-elle aujourd’hui.

« C’est dur à prendre, a soufflé M. Ouellet. Je vais me rappeler son sourire.
Elle me disait tout le temps qu’elle m’aimait, surtout ces derniers temps »,
a-t-il ajouté en se raccrochant au souvenir de sa compagne.



Chaque matin, Diane et Guy prenaient la direction de l’usine de réparation
de portes de Lac-Mégantic, où ils travaillaient tous les deux.
C’est d’ailleurs là-bas qu’ils se sont rencontrés et que M. Ouellet est
tombé sous le charme de Mme Bizier.

« Je la trouvais jolie. Ça m’a pris au moins un an pour être avec elle.
Je ne l’ai pas eue en dix minutes, j’ai travaillé fort »,
s’est-il remémoré en souriant.

Pour lui, sa compagne était avant tout une « femme avec un grand cœur,
drôle, adorée de ses amis et aimée de ses enfants ».

Le soir de l’explosion, Guy était avec Diane et plusieurs de leurs amis au
Musi-Café, où ils avaient l’habitude de se rassembler une à deux fois par semaine.

Fatigué, M. Ouellet a quitté les lieux pour aller se coucher pensant que sa
conjointe le rejoindrait un peu plus tard.
« Elle m’a dit qu’elle arriverait ‘‘dans pas long’’ ».

Depuis la nuit du 6 juillet,
les habitués du Musi-Café se soutiennent les uns les autres.



« On a tous le cœur brisé.
Ça fait un mort sur 125 habitants », a réalisé Guy Ouellet.

La fille de sa conjointe, Mégane, se tient à ses côtés pour surmonter cette épreuve.

« Elle est forte, elle n’a que 17 ans mais elle m’aide plus que moi je l’aide parfois».

Les yeux brillants, Mégane a décrit sa maman comme « une femme qui aimait
la vie, même si elle ne l’avait pas toujours eu facile. Elle était souriante,
elle profitait de la vie et elle avait plein de projets ».





Le départ de Diane Bizier laisse un vide immense dans la vie de

Mégane Turcotte, sa fille, et Guy Ouellet, son conjoint.



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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Dim 13 Avr - 7:44







Le gars de char

STÉPHANE BOLDUC, 37 ANS


Bon vivant et amoureux passionné,
Stéphane Bolduc était un gars fier.
« Il était coquet, toujours bien peigné, toujours bien habillé
et il sentait toujours bon », se souvient son bon ami René Simard.

« C’était un gars qui paraissait bien, toujours beau.
Il était fier et il profitait de la vie. »

Cet ancien pompier de Sainte-Cécile de Whitton avait connu des
moments difficiles dans les dernières années. Il avait dû faire face
au décès subit de sa conjointe.

Depuis qu’elle s’est éteinte, il y a deux ans, Stéphane vivait sa vie à fond.
Il voyageait plus et changeait d’automobile fréquemment.
Il venait tout juste de se procurer un Spyder, une moto à trois roues
et il n’en était pas peu fier.

« En l’espace de deux ans, il était rendu à sa troisième voiture.
De belles voitures de luxe, BMW et Jeep », remarque M. Simard.

Une passion qui le suivait jusqu’au travail, alors qu’il était un
excellent vendeur de bagnoles chez Audet Automobile.



« Il rêvait de vendre des chars (…)
Il est devenu un super bon vendeur.
Il a même gagné des prix », a souligné M. Simard.

Depuis un an, Stéphane partageait sa vie avec Karine Champagne.
Ils étaient fiancés depuis peu. Selon ses proches, Stéphane était
un copain attentionné. Le couple a perdu la vie au Musi-Café alors
qu’ils fêtaient les 37 ans de Stéphane.
Ils étaient avec une vingtaine d’amis à une fête
surprise organisée par Karine.

Sportif et gars de plein air, Stéphane pratiquait plusieurs activités
en compagnie de sa douce. « Ils avaient une belle vie et il se gâtaient
au maximum, a résumé son ami. Ils escaladaient des montagnes
et faisaient du ski. »

Ensemble, ils adoraient faire de la motocyclette, partir sur les routes
et voyager. Grâce à Karine qui avait deux enfants, Stéphane vivait
dans une dynamique plus familiale, une situation qui lui allait à ravir.
Il aimait s’amuser avec les petits de Karine, Loïc et Nathan.



Stéphane était aussi entouré de plusieurs amis qui l’appréciaient
énormément. Les 20 personnes qui se sont présentées à son
anniversaire en sont un bel exemple.
En fait, les soupers entre chums étaient monnaie courante.

Il était un brin soupe au lait. Ses amis ne manquaient pas les
occasions de se moquer de son apparence pour le voir réagir.

« On le taquinait.
À la fin, il ne réagissait même plus », lance M. Simard.






Karine Champagne et Stéphane Bolduc






Stéphane Bolduc (droite), décédé lors de la tragédie de Lac-Mégantic.

À ses côtés, ses frères Steve (gauche) et Sébastien (centre).







Stéphane Bolduc et Karine Champagne,

tous deux décédés lors de la tragédie de Lac-Mégantic




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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Dim 13 Avr - 7:57







Le papa mécano

MICHEL GUERTIN JUNIOR, 33 ANS


La nuit du drame, la conjointe de Michel Guertin s’est réveillée au
petit matin sans lui à ses côtés. Elle savait bien que quelque
chose clochait.
C’est ce qu’elle a plus tard confié à sa belle-mère.
Jamais Michel n’aurait découché ainsi sans avertir, songeait
celle qui a partagé les 14 dernières années de la vie de Michel.

C’est que rien ne comptait plus pour Michel Guertin que ses deux
petits anges et sa conjointe qui aujourd’hui doivent vivre sans lui.

Surnommé « Ti-Michel » alors qu’il mesurait pourtant plus de 6 pieds,
l’homme timide n’en avait que pour sa petite Arianne, 8 ans,
et son William, 9 ans, assure la maman de Michel, Colette Poirier.

« C’était précieux pour lui la famille. Il n’y a rien de plus précieux »,
répète sa mère en larmes. Michel était aussi proche de ses parents
qui étaient ses voisins. « Mon mari (le père de Michel) a perdu son
meilleur ami, son confident. »



Le grand plaisir de Michel : se balader avec ses petits et sa mère
à bord de sa précieuse Mustang 1969 qu’il s’acharnait à retaper
dans ses temps libres. L’intérieur sentait l’essence à plein nez,
relate sa mère dont le visage s’égaye d’un sourire furtif à ce souvenir.

C’est que les voitures étaient sans contredit la deuxième passion
dans la vie de son fils unique, après sa famille. Michel était d’ailleurs
mécanicien pour l’usine Masonite.

Il n’avait pas une, mais deux Mustang dans son garage
tellement il aimait ces engins.

Si bien que des dizaines de propriétaires de ces bolides ont rendu
un vibrant hommage à Michel le jour de ses funérailles.
Ils ont tous fait rugir leur moteur pendant un moment,
puis tenu une minute de silence en son honneur.

Avant même que le train ne déraille à Lac-Mégantic, les Guertin
avaient eu leur lot d’épreuves. Mme Poirier a appris qu’elle était
atteinte d’un cancer. Un diagnostic qu’a bien mal reçu Michel.

La nouvelle a jeté un ombre sur la soirée d’anniversaire de
Mme Poirier peu de temps après. Elle a tenu néanmoins à
ce qu’on célèbre sa fête comme si de rien n’était.

Elle se souvient avoir insisté auprès de Michel: la famille devrait
chérir les moments, petits et grands, qu’offre la vie. La soirée
d’anniversaire qui s’en était suivie avait été mémorable.



Aujourd’hui, Mme Poirier est en rémission de son cancer.
« Jamais je n’aurais pensé que c’est lui qui ne serait plus là
aujourd’hui », souffle Mme Poirier.

D’autant plus qu’il ne devait pas être au Musi-Café, l’épicentre
de l’explosion du train, assure-t-elle. « Ce n’était vraiment pas
son bar », soutient Mme Poirier.

Il n’est sorti de chez lui qu’après maintes hésitations, raconte-t-elle.

Sa maman s’explique mal ce que Michel a bien pu faire au Musi-Café.
Selon les témoins, il n’y est arrivé qu’après minuit. Et sa voiture a
plutôt été retrouvée devant l’Eau-Berge, son lieu de prédilection.

Si seulement il était resté à l’Eau-Berge, songe aujourd’hui Mme Poirier.
Il aurait eu la vie sauve.

Son départ « a brisé toute notre vie. Ça a brisé celle des enfants »,
conclut la maman de Michel.





Michel Guertin Junior (gauche) avec sa mère Colette Poirier (centre),

son père Michel Guertin Sénior (droite) et ses deux enfants

William et Arianne lors d’une séance de photo au parc des Vétérans.





Michel Guertin Junior a retapé cette Mustang 1969

avec laquelle il adorait faire des virées avec ses deux enfants.






Michel Guertin Junior



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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Dim 13 Avr - 8:09







Elle «  marquait les gens »

GENEVIÈVE BRETON, 28 ANS



Sa passion pour la musique et sa gentillesse faisaient de
Geneviève Breton une jeune femme admirable que tout le
monde appréciait.
« Elle marquait les gens, elle était à l’écoute. Elle prenait à
cœur les problèmes de ses proches pour les aider »,
résume son frère Jonathan.

La nouvelle a été terrible pour la famille Breton lorsqu’ils ont
su que Geneviève se trouvait à l’intérieur du Musi-Café.
« Elle venait de s’acheter une bouteille d’eau, elle s’en allait
dans les prochaines minutes. Elle allait quitter »,
a encore du mal à réaliser Jonathan.



C’est le portrait d’une femme resplendissante, acharnée, travaillante,
qu’il dresse aujourd’hui. Fier de sa sœur, il la décrit comme une
véritable passionnée, qui « donnait tout pour la musique »
malgré les échecs qu’elle a pu essuyer.

Geneviève a multiplié les concours de chant, comme celui de
Star Académie qui l’a poussée sur le devant de la scène.
« Elle était toujours près de la victoire. Elle s’est butée à des portes
fermées mais elle persévérait », relate Jonathan.

Elle était d’ailleurs sur le point de sortir un premier album de quatre
chansons, dont une écrite de sa main, qui racontait une histoire d’amour.

Chez les Breton, toute la famille – ses deux frères et ses parents –
était unie derrière Geneviève et la poussait à réaliser ses rêves.
C’était aussi une tante « très attentionnée » qui adorait la fille de
Jonathan, se souvient celui-ci.



La jeune femme étudiait en enseignement à Sherbrooke.
Elle était revenue s’installer pour l’été dans la maison familiale à
Stornoway, près de Lac-Mégantic. « C’est dur pour mon père et ma mère,
car il la voyaient tous les jours. Ils allaient au marché, faire les magasins… »

Geneviève travaillait pour la saison dans la bijouterie en face du Musi-Café.
Elle n’avait pas l’habitude d’aller dans les bars, mais cette nuit-là, la
chaleur de l’été incitait à prolonger un peu la soirée

« On va finir par vivre avec... On va continuer pour elle et pour ceux
qui restent. Mais plus rien ne sera jamais pareil », conclut Jonathan.





Geneviève Breton était la fierté de toute sa famille,

notamment celle de son père, Réal.






Geneviève Breton,

participante de Star Académie 2008



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Re: HOMMAGE AU LAC MÉGANTIC

Message par Edith le Dim 13 Avr - 8:17








Le batteur militant

YVES BOULET, 51 ANS



Le batteur Yves « Styvy » Boulet livrait bataille de son vivant pour
la santé et sécurité au travail. Il aurait été hors de lui de voir les
manquements à la sécurité qui auraient mené à l’explosion de train
qui l’a emporté.
« Avec l’accident de train, c’est très ironique.
Il aurait été absolument outré. Il fustigerait la compagnie:
il ne supportait pas la négligence », dénonce son ami Luc Paré,
qui joue de la musique aux côtés d’Yves depuis les années 1980.

Yves s’occupait du comité de santé et sécurité au travail chez son
employeur, Bestar, le fabricant de meubles.

« Il était président de son syndicat et un redoutable plaideur formé
à la Commission des lésions professionnelles », souligne M. Paré.
C’est qu’Yves pensait beaucoup aux autres. La solidarité était
une de ses valeurs principales.



C’était un véritable « mélomane » au grand cœur qui s’impliquait
dans mille et un projets. Il n’était pas capable d’arrêter.
Quand il n’avait pas de projet, il en inventait », raconte-t-il.

Ensemble, ils ont cofondé le groupe régional Lézor Ganes
il y a un an et demi.

Yves avait une petite entreprise de matériel de son.
Dans le coin, on devait inévitablement s’adresser à lui pour
tout ce qui touchait à l’équipement sonore.

Son héros était le batteur du groupe Rush. À tel point qu’il a
donné pendant cinq ans des performances au sein d’un groupe
hommage à la formation.

Yves Boulet, Martin Rodrigue (lui aussi décédé dans la tragédie)
et Luc Paré étaient un « trio de célibataires » qui « allait veiller »
régulièrement. Si Luc Paré y était souvent, il était absent le soir
où le train a explosé en plein centre-ville de Lac-Mégantic,
emportant ses deux comparses.



Martin Rodrigue et Yves y étaient allés prendre du bon temps.
« Il y avait tout un rituel là-dedans, comprenant le service de
raccompagnement en fin de soirée. C’était régulier, ils y allaien­t
même plus d’une fois par semaine », ajoute M. Paré.

Si bien que M. Paré n’a pas eu grand espoir de retrouver ses
deux amis vivants après l’explosion.

Plusieurs membres de Lézor Ganes ont continué de livrer des
prestations depuis la mort du co-fondateur de la formation,
mais sans M. Paré.

« Je n’ai pas le cœur à chanter du rock n’ roll. »





Yves Boulet






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