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PORT DE MONTRÉAL (avant 1898 )

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PORT DE MONTRÉAL (avant 1898 )

Message par Edith le Dim 8 Déc - 9:34



Montréal retour sur l’image


Vieux-Port de Montréal


Avant 1898


Centre d'histoire de Montréal


Publié le: samedi 07 décembre 2013














1- Coupe de la glace devant le port


Pour nos contemporains, la glace signifie le plus souvent « problème »,
à moins d’être un amateur de hockey ou de patin. Jusqu’au début du
20e siècle, c’est pourtant l’hiver qui protège nos garde-mangers.
Si à la campagne, on sale le beurre et la viande et on boit le lait
fraîchement tiré, en ville, on préserve les aliments dans des fosses
remplies de glace ou dans des armoires à glace et glacières domestiques.
En février et mars, quand la glace est très épaisse, les marchands de
glace envoient des journaliers tailler dans le fleuve de grands blocs d’eau
gelée, à force de bras, de scies, de gaffes et de pinces. On transporte par
traîneaux ces morceaux de glace pouvant aller jusqu’à 800 livres dans de
vastes entrepôts isolés par du bran de scie. Ils sont découpés et vendus
aux commerçants et aux particuliers par des colporteurs.
Ce métier traditionnel disparaît dans les années 1950 et 1960 lorsque le
réfrigérateur commercialisé, à partir des années 1920,
devient plus accessible.





2- Pont de fer, pont de glace

Sur la photographie, une mince ligne posée sur des piliers traverse
l’horizon. C’est le pont Victoria, inauguré par le prince de Galles en
1860, le premier à traverser le fleuve et le plus long pont ferroviaire
du monde. Ses piliers ont pour fonction de briser les glaces
destructrices que charrie le fleuve en hiver. Avant la construction
du pont, le seul moyen pour rejoindre la rive sud était le pont de glace,
simple chemin balisé sur le fleuve. Le long tube fait de pièces métalliques
préfabriquées en Angleterre est construit par 3000 ouvriers pour relier
Montréal au chemin de fer de la compagnie du Grand Tronc.
Pour certains, c’est insuffisant. De 1880 à 1883, pour ne pas payer
les onéreux droits de passage au Grand Tronc sur le pont Victoria,
l’homme d’affaires Louis-Adélard Sénécal fait construire un service
de chemin de fer régulier entre Hochelaga et Longueuil… sur la glace!
En 1897, le pont Victoria est doté d’une structure métallique, de deux
voies ferrées et de voies carrossables, tel que nous le connaissons encore.





3- Travailleurs à la journée


Ces hommes emmitouflés dans leurs capots de laine sont probablement
des journaliers. Ils ne savent pas s’ils trouveront un employeur le
lendemain. À Montréal, la compétition est forte, avec les milliers
d’immigrants et gens des campagnes qui arrivent en ville chaque année.
Pendant la belle saison, certains de ces hommes sont peut-être
débardeurs ou charpentiers. L’hiver venu, ils deviennent chômeurs,
sans aucun soutien public, sinon la charité. Si leur épouse et leurs
enfants ne travaillent pas à la manufacture, la situation familiale est précaire.
Avec six à neuf dollars par semaine, soit 18 sous de l’heure et un maximum
de 350 dollars par année, il leur faudra deux heures de travail pour payer
une livre de beurre qui coûte 35 cents en 1892! Une fois payés, leur
mauvais logement, leurs vêtements usagés, la farine, le sucre, le lard,
les pommes de terre et la mélasse de leur menu quotidien, il ne reste
presque rien. En autant que la Providence leur épargne la maladie et que
la cigogne ne leur apporte pas de nouvelles bouches à nourrir!

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