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PRIX NOBEL REFUSÉ ( ILY A 50 ANS )

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PRIX NOBEL REFUSÉ ( ILY A 50 ANS )

Message par Edith le Ven 3 Oct - 8:01

Nobel:


Le 22 octobre 1964,


il y a 50 ans, Sartre refusait son prix


 octobre 2014,





Jean-Paul Sartre est l'un des lauréats des prix Nobel les plus célèbres grâce à un geste,
il y a 50 ans, qui avait une intention opposée: refuser la distinction.

Le 22 octobre 1964, alors que le lauréat est annoncé par l'Académie suédoise, le philosophe
français déjeune dans un restaurant près du domicile de Simone de Beauvoir.

C'est un jeune journaliste de l'AFP, François de Closets, qui lui annonce la nouvelle.
Sartre réplique qu'il n'acceptera pas le Nobel. «Je refuse le prix, c'est un fait, mais je me
dois de réserver mes explications à la presse suédoise», déclare-t-il.

D'après l'AFP, «l'annonce de son choix par le jury de Stockholm ne semble lui causer aucune
surprise et aucune émotion».

Désinvolture

Ces déclarations font pourtant sensation à Paris et ailleurs. Sartre est le premier à refuser
un Nobel, d'une manière fracassante, presque désinvolte.

«Il avait deux raisons de fond qui sont authentiques. D'abord il avait peur d'être enterré
de son vivant avant d'avoir terminé son oeuvre. Il appelait cela le baiser de la mort»,
dit à l'AFP André Guigot, philosophe spécialiste de Sartre.

«L'autre aspect c'est qu'il avait bâti sa pensée sur la critique de toutes les institutions,
qu'il considère comme mortifères. Il refuse d'être dépossédé de lui-même, d'avoir
à remercier», ajoute-t-il.

Le seul problème, et Sartre l'apprend tout de suite, est que le règlement du prix Nobel
n'offre pas au lauréat ce privilège d'accepter ou refuser la récompense.

«Les Suédois ont été très clairs dès le début: que Sartre refuse le prix, cela ne regardait
pas l'Académie. Il avait été choisi et son nom allait être gravé dans le marbre»,
raconte Antoine Jacob, ancien journaliste de l'AFP auteur d'une Histoire du prix Nobel.

L'écrivain français reste donc officiellement prix Nobel de littérature 1964, même s'il a
snobé la traditionnelle cérémonie Nobel du 10 décembre et n'a pas touché le beau chèque
promis à chaque lauréat: 273 000 couronnes suédoises à l'époque, ce qui équivaudrait à près
de 425 000 dollars de nos jours.

Refus prévisible

Ce refus était prévisible chez un homme qui dit n'avoir voulu ni de la Légion d'honneur ni
d'une chaire au Collège de France. L'auteur de Huis clos s'en est longuement justifié dans un
texte destiné à la presse suédoise, où il semble s'excuser.

Sartre avait même fait son possible pour prévenir l'imbroglio. Le 14 octobre, lisant dans
Le Figaro qu'il était grand favori, il avait adressé un courrier au secrétaire perpétuel de
l'Académie pour le prier de ne pas couronner un homme qui ne voulait pas l'être.

«D'après certaines informations dont j'ai eu connaissance aujourd'hui, j'aurais cette année
quelques chances d'obtenir le prix Nobel, affirmait-il. Pour des raisons qui me sont personnelles
et pour d'autres qui sont plus objectives, je désire ne pas figurer sur la liste des lauréats
possibles et je ne peux ni ne veux, ni en 1964, ni plus tard, accepter cette distinction honorifique.»

Il n'était un secret pour personne que l'existentialiste, à 59 ans, était très bien placé.
Paru en janvier, son récit d'enfance Les Mots avait ajouté une touche intime à une oeuvre
philosophique, romanesque et théâtrale extraordinairement riche.

Une histoire qui fait encore jaser

La légende veut que ce courrier n'avait pas été ouvert à temps par le secrétaire perpétuel
de l'Académie, Anders Österling. Mais il se peut que la requête ait été repoussée parce
que le nom de Sartre était déjà décidé.

Seul le poète suédois Erik Axel Karlfeldt, que l'Académie avait envie de consacrer en 1919,
avait réussi à dissuader les jurés du Nobel de littérature. Et pour cause: il en faisait partie.
Il obtint le prix en 1931, après sa mort, à l'époque où c'était encore possible.

Cinquante ans n'ont pas suffi à épuiser la polémique sur le geste de Sartre, tantôt vu comme
cohérent avec l'engagement de l'homme, tantôt comme la preuve de son orgueil.

«C'est un sujet qui fait encore réfléchir aujourd'hui. Car en fin de compte c'est une
attitude très bourgeoise de refuser un prix. Albert Camus, qui vient d'un milieu tout à fait
opposé, l'avait accepté, lui qui en savait la valeur», souligne André Guigot.

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